
Les gorges du Verdon autrement : sentiers et villages loin de la cohue
J'ai cessé de venir au Verdon pour la carte postale ; j'y reviens pour les heures creuses, quand le canyon redevient un lieu de marche plutôt qu'un parking à ciel ouvert.

J'ai cessé de venir au Verdon pour la carte postale ; j'y reviens pour les heures creuses, quand le canyon redevient un lieu de marche plutôt qu'un parking à ciel ouvert.

J'ai mis des années à comprendre que la Dordogne que je cherchais commençait à dix kilomètres de celle que tout le monde photographie.

J'ai appris la montagne sur ces sentiers-là, ceux qu'on emprunte sans s'effrayer, et je voudrais vous y emmener à mon tour.

J'ai laissé la voiture à Colmar deux jours entiers et j'ai marché de village en village dans les vignes, le nez au vent du Riesling, et je ne sais toujours pas pourquoi je n'avais pas fait ça plus tôt.

J'ai passé quinze ans à chercher la France qui ne figure pas sur les affiches de l'office du tourisme. Ce carnet, c'est ce que j'ai trouvé quand j'ai enfin cessé de suivre les panneaux.

J'ai mis trois étés à comprendre que la lavande de carte postale et la lavande qu'on respire vraiment ne se trouvent jamais au même endroit, ni à la même heure.

J'ai passé quinze ans à chercher la France qui résiste au regard de masse, celle où l'on entre dans une ruelle et où l'on sent encore que des gens vivent vraiment là. Voici ce que j'ai appris sur l'art de visiter sans piétiner.

J'ai mangé des faux aligots, de fausses bouillabaisse et des cassoulets qui venaient de la région de Rungis. Voici ce que quinze ans de routes françaises m'ont appris sur l'art de distinguer la vraie table de terroir de son sosie photographié.

J'ai mis trois jours à traverser les Cévennes par les crêtes, et je suis repartie avec l'odeur de châtaignier sur les mains et la certitude d'y revenir.

J'aime partir marcher quand les chemins sont encore à nous, avant que la canicule et la foule estivale s'en emparent. Le printemps offre une France pédestre que peu de randonneurs connaissent : fleurs sauvages à perte de vue, lumière douce, fraîcheur en altitude.

J'ai roulé vers le Jura sans plan précis, juste une meule de Comté en ligne de mire et l'envie de marcher jusqu'à ce que mes jambes me rappellent à l'ordre. Ces deux jours m'ont rendu quelque chose que je croyais perdu : la lenteur.

J'ai sillonné la Bretagne en novembre, quand les volets battent et que les ruelles sentent le feu de bois : voici les villages que j'ai gardés pour moi.

Bonnieux, Ménerbes, Lacoste, Gordes, Roussillon. J'ai passé une semaine à arpenter ces cinq pierres taillées du Vaucluse. Lequel garde encore son âme ?

Premier tronçon du GR10, le passage du Pays Basque vers la vallée d'Aspe est l'un des plus exigeants de l'itinéraire. Mon carnet de marche, jour après jour.

Sur le plateau de l'Aubrac, à mille mètres d'altitude, une auberge familiale prépare encore l'aligot à la main. Pourquoi cette adresse vaut un détour de cent kilomètres.